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Assessing Child and Youth Surveillance gaps for Ontario Public Health Units - logo

Ce projet local a été financé par Santé publique Ontario et avait pour but d’examiner les pratiques actuelles, de cerner les lacunes et d’explorer de nouvelles approches en matière de collecte et d’analyse de données sur la santé des enfants d’âge scolaire et des jeunes (de la 1re à la 12e année) à l’échelle locale ainsi qu’en matière de présentation des résultats pour l’ensemble de l’Ontario.

Les résultats de cette étude, qui s’est échelonnée sur un an, ont été rendus publics dans un rapport intitulé Les enfants sont importants ainsi que sous forme de rapport sommaire. Voici un aperçu des principaux résultats et des recommandations formulées dans ce rapport. 

Sommaire

Cover image of Children Count Report

Pour permettre aux enfants et aux jeunes de réaliser leur potentiel, il est essentiel de favoriser leur santé et leur bien-être. La nécessité de recueillir des données de qualité sur la santé et le bien-être est une responsabilité partagée entre de nombreux secteurs, et ces données sont requises pour orienter les ressources vers les personnes qui en ont le plus besoin, évaluer les retombées des politiques ainsi que planifier et fournir des services équitables fondés sur des données probantes. Malgré cette nécessité d’obtenir des données à l’appui de la prise de décisions éclairées, en Ontario, on constate de nombreuses lacunes et limites qui entravent la surveillance de la santé des enfants et des jeunes, surtout en raison de l’absence, dans la province, d’un système de surveillance viable et coordonné.

Pour contrer ce problème, notre projet local avait pour but de déterminer les pratiques actuelles, de cerner les lacunes et d’explorer des méthodes novatrices de collecte, d’analyse et de présentation de données locales sur l’état de santé des enfants et des jeunes d’âge scolaire (de la 1re à la 12e année) en Ontario.

La première phase du projet (de mars à mai 2016) a consisté en la réalisation d’un sondage auprès des bureaux de santé de l’Ontario pour analyser la situation aux fins suivantes : déterminer les défis et les obstacles à l’évaluation de l’état de santé des enfants et des jeunes et avoir accès aux sources de données existantes et les utiliser pour cerner les besoins à l’échelle locale. En tout, nous avons reçu les commentaires de 377 professionnels de la santé publique de 34 des 36 bureaux de santé de la province (taux de participation de 94 %).

Principaux résultats du sondage mené auprès des bureaux de santé de l’Ontario pour analyser la situation​:

  • La plupart des bureaux de santé ont indiqué que le manque de données, les obstacles à l’accès aux données et les lacunes en matière de capacité analytique étaient considérés comme des défis associés aux données sur la santé des enfants et des jeunes.
  • La santé mentale, la saine alimentation, la croissance et le développement, l’activité physique et le rôle parental positif ont été identifiés comme es domaines où il manque le plus de données.
  • Les lacunes en matière de données et la petite taille des échantillons forçaient les bureaux de santé à recueillir leurs propres données sur les enfants et les jeunes. On a décrit 84 exemples de sondages.
  • En général, les bureaux de santé étaient au courant des sources de données existantes sur la santé des enfants et des jeunes, mais peu d’entre eux étaient capables d’utiliser ces sources de données pour répondre à leurs besoins relativement à l’évaluation et à la surveillance à l’échelle locale.
  • Les bureaux de santé ont demandé qu’on améliore les sources de données secondaires, en général, des façons suivantes : augmenter la taille des échantillons locaux, combler les lacunes en matière de données, mieux coordonner les efforts, améliorer l’accessibilité, assurer l’utilisation de variables de stratification utiles et éliminer les obstacles financiers.
  • Les bureaux de santé appuient vigoureusement la mise en place, en Ontario, d’un système de surveillance coordonné, surtout s’il donne lieu à des données normalisées à l’échelon des bureaux de santé locaux. Selon les bureaux de santé, ce système devrait être dirigé par un organe gouvernemental provincial (p. ex. ministère, centre de ressources ou organisme affilié).
  • Au cours de la deuxième phase du projet (de juin à octobre 2016), nous avons obtenu une perspective plus vaste de l’évaluation et de la surveillance de la santé des enfants et des jeunes au moyen d’entrevues menées auprès d’informateurs clés des secteurs pertinents en Ontario. Nous avons réalisé 11 entrevues auprès d’informateurs clés du gouvernement (n=4), du milieu universitaire et de la recherche (n=3) et du secteur de l’éducation (n=4), qui participaient activement à la collecte, à l’analyse et à la présentation de données sur les enfants et les jeunes en Ontario. Les entrevues ont été codées par thème, en cinq catégories : besoins; défis et obstacles; possibilités d’amélioration; approches actuelles et domaines d’intérêt émergents.

Principaux résultats des entrevues tenues avec les informateurs clés

  • Principaux résultats des entrevues tenues avec les informateurs clés
  • Il existe un grand besoin d’avoir accès à des données de qualité supérieure qui pourraient servir à plusieurs fins, notamment à l’évaluation et à la surveillance, à la planification des programmes, à l’évaluation et à la prise de décisions.
  • La plupart des informateurs clés ont souligné la nécessité de resserrer les partenariats et la collaboration.
  • Des informateurs clés ont qualifié les problèmes systémiques de défis ou obstacles majeurs, surtout le manque de ressources et la mauvaise coordination des efforts de surveillance.
  • Figurent parmi les autres thèmes dominants les limites sur le plan des données et de la méthodologie (surtout la petite taille des échantillons locaux), la lassitude à l’égard des sondages chez les élèves et la difficulté de bien collaborer.
  • La plupart des informateurs clés croyaient que la meilleure façon d’améliorer la situation consistait à élargir et à accroître les efforts d’évaluation et de surveillance actuels. La plupart des informateurs ont indiqué qu’on pouvait améliorer la collaboration entre les secteurs. Ils ont aussi précisé des occasions d’apporter des changements fondamentaux pour régler les problèmes systémiques, surtout le processus d’éthique de recherche lourd et incohérent dans les écoles.
  • Les informateurs clés ont cerné toutes sortes de techniques et d’approches qu’on utilise actuellement aux fins d’évaluation et de surveillance des enfants et des jeunes en Ontario. L’échantillonnage en milieu scolaire et la collaboration étaient des éléments communs de bon nombre d’approches actuelles.
  • Presque tous les informateurs clés, de tous les secteurs, ont manifesté un intérêt envers la santé mentale des enfants et des jeunes. La saine alimentation et l’activité physique figuraient parmi les autres sujets d’intérêt commun chez les informateurs clés
  • Dans le cadre de ce projet, il a fallu déployer beaucoup d’efforts pour capter les perspectives des utilisateurs et des collaborateurs du système actuel concernant le système d’évaluation et de surveillance de l’état de santé des enfants et des jeunes de l’Ontario. Après avoir sondé et interviewé des intervenants des secteurs de la santé publique, de l’éducation, du milieu universitaire et du gouvernement, l’équipe du projet est convaincue que les recommandations suivantes sont nécessaires pour améliorer le système d’évaluation et de surveillance afin de mieux l’adapter aux besoins locaux, régionaux et provinciaux.

Recommendations

  1. Établir un groupe de travail provincial dont les membres représentent les intervenants clés et qui aurait pour tâche de déterminer les prochaines mesures à prendre pour améliorer l’évaluation et la surveillance de la santé et du bien-être des enfants et des jeunes en Ontario.
    1. Recruter des représentants parmi les leaders des secteurs du gouvernement, de la santé publique, de l’éducation et du milieu universitaire pour former un groupe de travail provincial. Il pourrait s’agir, entre autres, de représentants des bureaux de santé, de Santé publique Ontario, des conseils scolaires, des établissements universitaires et de recherche, du ministère de l’Éducation de l’Ontario, du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario et de centres de ressources pertinents. Ces représentants se réuniraient régulièrement.
    2. Le groupe de travail présenterait les mesures qu’il recommanderait qu’on prenne pour améliorer l’évaluation et la surveillance de la santé et du bien-être des enfants et des jeunes en Ontario.
    3. Le groupe de travail devrait, au besoin, consulter des experts et des intervenants et ses efforts devraient faire fond sur le présent rapport et les travaux de recherche antérieurs. De plus, il devrait coordonner ses efforts avec d’autres initiatives en cours liées à l’évaluation et à la surveillance de la santé et du bien-être des enfants et des jeunes.
    4. Le groupe de travail devrait guider et surveiller la mise en oeuvre de ses recommandations et des recommandations formulées dans le présent rapport.
  2. Défendre les droits et intérêts des enfants et des jeunes Sensibiliser les décideurs à l’importance d’obtenir des données de qualité sur les enfants et les jeunes ainsi qu’aux occasions d’améliorer l’évaluation et la surveillance de la santé de cette population.
    1. L ’équipe du projet local de surveillance et d’évaluation de la santé des enfants et des jeunes devrait participer activement et régulièrement, avec des décideurs influents, à des activités d’échange de connaissances, y compris la dissémination des résultats attendus du projet et de mises à jour sur les prochaines étapes.
    2. Le gouvernement de l’Ontario, qui englobe le ministère de l’Éducation et le ministère de la Santé et des Soins de longue durée, devrait créer un mandat commun qui propulserait les changements nécessaires dans le domaine de l’évaluation et de la surveillance de la santé des enfants et des jeunes.
    3. Les bureaux de santé et les conseils scolaires de l’Ontario devraient unir leurs efforts pour défendre, auprès de leurs décideurs respectifs, les besoins des enfants et des jeunes de leurs localités respectives.
    4. Le gouvernement de l’Ontario et les ministères pertinents devraient soutenir l’évaluation et la surveillance à l’échelle provinciale afin que toutes les populations d’enfants et de jeunes soient incluses, quel que soit leur emplacement.
  3. Promouvoir la création de véritables partenariats et de collaborations multisectorielles qui favorisent l’évaluation et la surveillance efficaces et efficientes de la santé des enfants et des jeunes.
    1. Le système d’éducation de l’Ontario devrait uniformiser et simplifier le processus de recherche afin de permettre une meilleure collaboration avec le gouvernement et les chercheurs du milieu universitaire et d’alléger le fardeau pour les conseils scolaires.
    2. En collaboration avec le secteur de la santé publique et le secteur universitaire, explorer la possibilité de mettre en place, au sein du système d’éducation de l’Ontario et dans toutes les écoles de la province, un système normalisé et universel de surveillance de la santé et du bien-être des élèves. Les conseils scolaires devraient aussi avoir le droit de mener à bien des activités d’évaluation individualisées à titre de complément au système universel.
    3. Amé liorer les mécanismes de communication et de rétroaction entre les établissements universitaires, les conseils scolaires et les bureaux de santé afin de faciliter l’échange de données et de résultats entre les secteurs.
  4. Investir dans l’amélioration et l’élargissement des approches existantes afin de répondre aux besoins des intervenants clés en Ontario.
    1. Sensibiliser différents secteurs et intervenants aux sources de données sur les enfants et les jeunes qui existent en Ontario, y compris les points forts et les limites de ces sources.
    2. Accorder la priorité à la collecte de données sur la santé mentale, la saine alimentation et l’activité physique chez les enfants et les jeunes de l’Ontario.
    3. Sonder un plus grand nombre d’enfants et de jeunes afin d’établir des estimations utiles et fiables à l’échelle locale.
    4. Créer des mécanismes pour augmenter le taux de participation, y compris le recours au consentement passif.
    5. S ’assurer que les données sur la santé et le bien-être sont liées à d’autres variables, comme l’âge, le sexe et le genre, le revenu du ménage, le code postal et le niveau de scolarité des parents.
    6. Normaliser les paramètres des différents systèmes de surveillance afin de permettre la comparaison des données entre les régions et au sein d’une région donnée.
    7. Soutenir les systèmes qui incorporent des mesures directes, dans les situations où c’est convenable et possible.

Les intervenants des secteurs de la santé publique, du milieu universitaire et de l’éducation ainsi que d’autres organismes gouvernementaux ont décrit bon nombre de défis et de lacunes en ce qui concerne l’évaluation et la surveillance de la santé des enfants et des jeunes en Ontario. Ces intervenants qualifient d’inefficace l’approche actuelle. En effet, les efforts individuels visant à combler les lacunes en matière de données sur la santé grèvent les ressources financières et humaines limitées et donnent lieu au double emploi. La capacité des bureaux de santé, des écoles et des autres établissements est limitée par la localité et la disponibilité des ressources, ce qui entraîne des iniquités au sein du système d’évaluation et de surveillance de la santé des enfants et des jeunes. L’absence d’une source précise de données sur les enfants et les jeunes qui sont typiques et qu’on peut présenter à l’échelon local s’avère la cause principale à l’origine de ces problèmes. Contrairement à d’autres provinces canadiennes et aux pays développés, l’Ontario ne possède pas un système intégré, viable et coordonné de surveillance de la santé des enfants et des jeunes. Par conséquent, l’investissement dans un système de la sorte permettrait d’optimiser les fonds affectés aux soins de santé, de produire des données probantes qui aideraient les décideurs à planifier les services et les programmes de santé, de réduire les pratiques non efficientes dans tous les secteurs et de resserrer la responsabilisation et, surtout, il s’avérerait un atout précieux pour la santé et le bien-être des enfants et des jeunes de l’Ontario.

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